Association Psychisme et Cancer

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Lettres - Ce que j’ai tout de suite aimé

par Françoise Pilon, accueillante au Centre

Ce que j’ai tout de suite aimé dans l’Association, c’est le parler-vrai au sujet du cancer mais aussi au sujet de soi-même, de ce que l’on ressent – un sentiment de grande liberté, de respect, d’acceptation de l’autre. J’y ai éprouvé le plaisir de m’effacer pour faire place à la parole de l’autre, malade, affaibli, mais ici reconnu, écouté, trouvant un lieu pour s’exprimer, pour questionner.

Je pensais au départ que mon rôle serait surtout d’écouter. Or, rapidement, je me suis rendu compte que les personnes qui venaient voulaient savoir quelque chose sur moi : « Et vous, qu’est-ce que vous avez eu ? Comme cela s’est-il passé ? » J’avais l’impression qu’elles prenaient appui sur mes réponses pour mieux pouvoir se raconter.

De mon côté, en repensant à la façon dont s’étaient déroulés les entretiens, à la manière dont j’avais répondu, réagi, s’est instauré peu à peu un travail de réflexion sur mon histoire personnelle. J’ai découvert en particulier que l’expérience du cancer créait un rapport différent au temps. Mon travail au Centre m’a permis de prendre conscience du fait que j’étais mortelle : cela a été possible dans ce lieu parce que je m’y sentais protégée. Cette prise de conscience m’a donné le sentiment d’une urgence à vivre.
Et de l’urgence à vivre au goût de vivre, il n’y a qu’un pas, que j’ai franchi en essayant de mieux définir mes systèmes de valeur et de préciser mes choix.