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	<title>Psychisme et Cancer</title>
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		<title>Psychisme et Cancer</title>
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		<title>Maryse Raynal &#8211; Mon exp&#233;rience avec mon cancer &#8211; 2020</title>
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		<dc:date>2020-11-03T17:18:58Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Lorsque le m&#233;decin me confirme que je suis atteinte d'un cancer du sein et qu'il faudra rapidement effectuer une mastectomie, je ressens un vague &#233;tourdissement mais aucune panique, pas de peur, je suis juste sid&#233;r&#233;e, mon corps et ma t&#234;te sont comme paralys&#233;s. Sur le chemin du retour, j'ai eu soudainement la sensation intense d'exister, qu'il m'arrivait enfin quelque chose de grand, quelque chose qui m'appartenait, qui &#233;tait &#224; moi seule. J'&#233;tais habit&#233;e par le cancer et celui-ci provoquait en moi la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.psychisme-et-cancer.org/-Du-cote-des-malades-.html" rel="directory"&gt;Du c&#244;t&#233; des malades&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsque le m&#233;decin me confirme que je suis atteinte d'un cancer du sein et qu'il faudra rapidement effectuer une mastectomie, je ressens un vague &#233;tourdissement mais aucune panique, pas de peur, je suis juste sid&#233;r&#233;e, mon corps et ma t&#234;te sont comme paralys&#233;s. Sur le chemin du retour, j'ai eu soudainement la sensation intense d'exister, qu'il m'arrivait enfin quelque chose de grand, quelque chose qui m'appartenait, qui &#233;tait &#224; moi seule. J'&#233;tais habit&#233;e par le cancer et celui-ci provoquait en moi la sensation intense de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des jours et semaines suivantes, cette exaltation fait place &#224; une sensation de vide abyssale, un vertige de vide, un trou noir dans lequel j'avais l'impression de me perdre. Je ne savais plus o&#249; j'en &#233;tais. La vie, la mort, je ne savais pas ce qui &#233;tait en moi. Je m'accrochais au fait que j'abritais un cancer que j'avais fait mien, mon cancer, qui m'avait offert une telle sensation d'existence comme une ivresse. Je n'avais pas envie de le quitter et j'avais l'impression que ma t&#234;te allait &#233;clater d'&#233;motions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des m&#233;decins &#224; qui j'exprimais ces id&#233;es et sentiments confus et instables, m'a fortement conseill&#233; de rencontrer un(e) analyste qui pourrait m'aider &#224; comprendre ce qui se passait et m'accompagner, ce que je fis. Si je souhaitais absolument vivre mon cancer jusqu'&#224; la fin et en mourir, je voulais comprendre pourquoi et clarifier ce tumulte de sensations et de sentiments en moi. Je me disais que j'avais eu une vie bien pleine et dans le lot, des bonheurs intenses et des souffrances blessantes. Je pouvais en finir l&#224;, la boucle pouvait se refermer et cette perception m'enveloppait d'un grand calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce parcours que je continue encore m'a r&#233;v&#233;l&#233; mon mal, une vie que je ne sentais pas, et m'a conduite vers une naissance que j'apprends encore &#224; ressentir, &#224; d&#233;couvrir. Lors de moments de fatigue profonde, d'&#233;puisement total qui m'&#244;taient tout d&#233;sir, toute envie, passant les journ&#233;es au lit, je trouvais tout de m&#234;me l'&#233;nergie suffisante pour rencontrer mon analyste, j'en avais un besoin vital. Je trouvais chez elle empathie, encouragements, un socle ferme et accueillant, un regard vrai, sans concession mais bienveillant, des silences lourds et douloureux mais qui me poussaient &#224; aller plus profond comme si ma main cherchait d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; accrocher quelque chose de vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai aussi pratiqu&#233; le Qi-Gong, Il m'apportait confort et calme. Je retrouvais aussi mon corps que j'avais du mal &#224; sentir. Je repartais apais&#233;e, et m&#234;me parfois joyeuse, avec souvent une sensation de l&#233;g&#232;ret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cancer, mon cancer, a &#233;t&#233; le r&#233;v&#233;lateur de ma vie et a tenu peut-&#234;tre le r&#244;le de g&#233;niteur ! En tous les cas, il a &#233;t&#233; salvateur et m'a fait sentir le vivant qui &#233;tait en moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis, aujourd'hui, en r&#233;mission d'un cancer du sein m&#233;tastas&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>H&#233;l&#232;ne Coutrot &#8211; T&#233;moignage &#8211; septembre 2020</title>
		<link>https://www.psychisme-et-cancer.org/Helene-Moulonguet-Coutrot-consultante-au-Centre-Pierre-Cazenave-Temoignage.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;D&#233;couvrir le Centre Pierre Cazenave a &#233;t&#233; pour moi comme un de ces voyages qu'on entreprend sans savoir tr&#232;s bien ce qu'on va y chercher et o&#249; l'on d&#233;couvre au fil du temps qu'il r&#233;pond profond&#233;ment &#224; ce dont vous avez besoin. En l'occurrence, apr&#232;s l'apparition du mot cancer dans ma vie et son cort&#232;ge de soins, j'&#233;tais sans aucun doute abasourdie mais pas vid&#233;e de mes envies, et notamment celle de r&#233;int&#233;grer mon quotidien plus fortement inscrite dans ma vie. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est par l'atelier d'&#233;criture que je suis arriv&#233;e (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.psychisme-et-cancer.org/-Du-cote-des-malades-.html" rel="directory"&gt;Du c&#244;t&#233; des malades&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#233;couvrir le Centre Pierre Cazenave a &#233;t&#233; pour moi comme un de ces voyages qu'on entreprend sans savoir tr&#232;s bien ce qu'on va y chercher et o&#249; l'on d&#233;couvre au fil du temps qu'il r&#233;pond profond&#233;ment &#224; ce dont vous avez besoin. En l'occurrence, apr&#232;s l'apparition du mot cancer dans ma vie et son cort&#232;ge de soins, j'&#233;tais sans aucun doute abasourdie mais pas vid&#233;e de mes envies, et notamment celle de r&#233;int&#233;grer mon quotidien plus fortement inscrite dans ma vie. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est par l'atelier d'&#233;criture que je suis arriv&#233;e puis le groupe d'accueil du mercredi, la possibilit&#233; de rencontrer l'&#233;coute active d'une psychanalyste. Ce n'&#233;tait plus du cancer qu'il s'agissait mais de la vie dont je prenais soin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Anne Rodriguez &#8211; Atelier d'&#233;criture &#8211; mai 2020</title>
		<link>https://www.psychisme-et-cancer.org/Anne-Rodriguez-consultante-au-Centre-Pierre-Cazenave-Atelier-ecriture-mai-2020.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;L'envers du d&#233;cor. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et si on la faisait &#224; l'envers, cette histoire&#8230; cela pourrait donner ceci : &lt;br class='autobr' /&gt;
Une f&#233;e, peut-&#234;tre la Carabosse, s'est invit&#233;e sur mon trajet et a jet&#233; un sort. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait un &#171; sors de toi ! &#187;
&lt;br class='autobr' /&gt;
Sorte de jeu, d'enjeu, de chemin aux allures de labyrinthe, d'un labyrinthe au Minotaure, dont on ne sortirait pas tout &#224; fait indemne, pas tout &#224; fait le m&#234;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
De la baguette caboss&#233;e de la f&#233;e carabosse, sont tomb&#233;s trois non-souhaits. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sortes de v&#339;ux en creux, de v&#339;ux en n&#233;gatifs&#8230; pas le choix quoi&#8230; (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'envers du d&#233;cor.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et si on la faisait &#224; l'envers, cette histoire&#8230; cela pourrait donner ceci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une f&#233;e, peut-&#234;tre la Carabosse, s'est invit&#233;e sur mon trajet et a jet&#233; un sort. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait un &#171; sors de toi ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sorte de jeu, d'enjeu, de chemin aux allures de labyrinthe, d'un labyrinthe au Minotaure, dont on ne sortirait pas tout &#224; fait indemne, pas tout &#224; fait le m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la baguette caboss&#233;e de la f&#233;e carabosse, sont tomb&#233;s trois non-souhaits. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sortes de v&#339;ux en creux, de v&#339;ux en n&#233;gatifs&#8230; pas le choix quoi&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
des &#171; prends-toi &#231;a ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces 3 non-v&#339;ux :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; le 1er &#233;tait un crustac&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le second fut un coup d'&#233;p&#233;e,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le 3e un trou b&#233;ant,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le tout &#8230; une &#233;chapp&#233;e&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Belle &#233;chapp&#233;e, malgr&#233; les frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les couches enlev&#233;es, &#224; coup de scalpels et d'effrois&lt;br class='autobr' /&gt;
auraient-elles donn&#233; acc&#232;s, &#224; l'int&#233;rieur de soi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confin&#233;, puisque c'est dans l'air du temps, &lt;br class='autobr' /&gt;
confin&#233; en soi tout ce temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morale de l'histoire :&lt;br class='autobr' /&gt;
on a quelque chose de pr&#233;cieux, il faut le d&#233;-couvrir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Brigitte Guizard &#8211; Une extraordinaire aventure humaine &#8211; juin 2020</title>
		<link>https://www.psychisme-et-cancer.org/Brigitte-Guizard-consultante-au-Centre-Pierre-Cazenave-Une-extraordinaire.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;J'ai, depuis presque trois ans (juillet 2017), &#233;norm&#233;ment investi dans cette structure. D'abord dans la permanence du mercredi, puis celle du lundi, me sentant au milieu des miens et la vivant comme une famille choisie. &lt;br class='autobr' /&gt;
En cette p&#233;riode charni&#232;re o&#249; l'association se termine statutairement, j'ai une pens&#233;e particuli&#232;re et une reconnaissance immense pour les encadrants et pour l'animatrice d'un atelier d'&#233;criture - tellement riche, dense et fourni - qui ont personnellement v&#233;cu cette extraordinaire (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.psychisme-et-cancer.org/-Du-cote-des-malades-.html" rel="directory"&gt;Du c&#244;t&#233; des malades&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai, depuis presque trois ans (juillet 2017), &#233;norm&#233;ment investi dans cette structure. D'abord dans la permanence du mercredi, puis celle du lundi, me sentant au milieu des miens et la vivant comme une famille choisie. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette p&#233;riode charni&#232;re o&#249; l'association se termine statutairement, j'ai une pens&#233;e particuli&#232;re et une reconnaissance immense pour les encadrants et pour l'animatrice d'un atelier d'&#233;criture - tellement riche, dense et fourni - qui ont personnellement v&#233;cu cette extraordinaire aventure humaine qu'a constitu&#233; le Centre pendant pr&#232;s de vingt ans. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, pour Fran&#231;oise Bessis, rencontr&#233;e d&#232;s mon arriv&#233;e au Centre, sa totale implication, portant sur ses &#233;paules, tel Atlas, le monde des malades sans baisser la t&#234;te (ni les bras), respectant en cela les volont&#233;s de Pierre Cazenave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite &#233;galement rendre un hommage particulier et plein de gratitude &#224; des encadrants, donc anciens malades, et psychanalystes que j'ai personnellement c&#244;toy&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La disparition d'un Centre cr&#233;&#233; pour accompagner les malades ne peut se faire dans le silence et la finitude : son exp&#233;rience pionni&#232;re sera, esp&#233;rons-le, relay&#233;e par d'autres structures inspir&#233;es par un exemple semblablement humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La maladie transforme.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Elle change le corps &#224; force de l&#233;sions, de traitements plus ou moins longs, agressifs et r&#233;p&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle change l'esprit, &#224; force de sid&#233;ration, d'incr&#233;dulit&#233;, de force et d'instinct de vie, de confiance en ces techniciens sp&#233;cialis&#233;s que sont oncologues, radioth&#233;rapeutes, neurologues ou radio chirurgiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle change la vision de l'existence en chuchotant plus ou moins fort que l'immortalit&#233; n'est pas cons&#233;cutive &#224; la naissance, qu'elle n'est pas inh&#233;rente &#224; l'humain et qu'elle fait partie de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle change le caract&#232;re &#224; force de peur, de solitude et (quelquefois) de souffrance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle provoque bienveillance &#224; l'&#233;gard d'autrui, app&#233;tit des instants pr&#233;sents &#224; vivre, heureux ou malheureux, joyeux ou tristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En additionnant tout ce qui pr&#233;c&#232;de, qui sont autant d'exp&#233;riences et de sentiments profond&#233;ment humains, l'&#238;le devient presqu'&#238;le et une sorte d'apprivoisement et de rapprochement d'autrui s'op&#232;re, o&#249; l'on se sent grandir et reconnue pour son identit&#233; profonde, c'est-&#224;-dire sa fragilit&#233; m&#234;l&#233;e d'ent&#234;tement &#224; continuer &#034;malgr&#233; tout&#034;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Emmanuelle Pariat &#8211; Psychisme et cancer... et moi &#8211; ao&#251;t 2020</title>
		<link>https://www.psychisme-et-cancer.org/Emmanuelle-Pariat-Psychisme-et-cancer-et-moi-aout-2020.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;La p&#233;riode la plus difficile a &#233;t&#233; pour moi entre la d&#233;couverte de mon cancer et le d&#233;but des traitements. P&#233;riode qui m'a sembl&#233; interminable, faite d'examens multiples, s'encha&#238;nant les uns apr&#232;s les autres, avec &#224; chaque fois quelques informations en plus. P&#233;riode &#224; tr&#233;pigner en attendant le d&#233;but des traitements, press&#233;e de commencer le combat et pour autant craintive des cons&#233;quences. Cela a &#233;t&#233; une p&#233;riode d'incertitudes, tr&#232;s d&#233;stabilisante pour moi, d'autant plus que je ne me sentais pas libre d'en (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.psychisme-et-cancer.org/-Du-cote-des-malades-.html" rel="directory"&gt;Du c&#244;t&#233; des malades&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La p&#233;riode la plus difficile a &#233;t&#233; pour moi entre la d&#233;couverte de mon cancer et le d&#233;but des traitements. P&#233;riode qui m'a sembl&#233; interminable, faite d'examens multiples, s'encha&#238;nant les uns apr&#232;s les autres, avec &#224; chaque fois quelques informations en plus. P&#233;riode &#224; tr&#233;pigner en attendant le d&#233;but des traitements, press&#233;e de commencer le combat et pour autant craintive des cons&#233;quences. Cela a &#233;t&#233; une p&#233;riode d'incertitudes, tr&#232;s d&#233;stabilisante pour moi, d'autant plus que je ne me sentais pas libre d'en parler ouvertement au travail, ne sachant pas ce qu'allaient &#234;tre les traitements. Curieuse de nature et avec l'envie d'anticiper la suite, je me suis int&#233;ress&#233;e &#224; comprendre comment fonctionnait le cancer, les examens, les traitements, &#224; r&#233;fl&#233;chir aux possibilit&#233;s qui allaient certainement se pr&#233;senter. Je me suis appropri&#233;e mon cancer en d&#233;couvrant qu'il n'y a pas un cancer mais de multiples cancers voire chacun a son propre cancer qui n'est pas le m&#234;me que celui d'un autre et chacun r&#233;agit diff&#233;remment. J'en ai parl&#233; ouvertement autour de moi d'abord dans mon cercle familial puis d&#232;s que j'ai eu une vision plus claire de ce qui m'attendait, &#224; un cercle plus large, les coll&#232;gues de bureau compris. Cela a &#233;t&#233; une lib&#233;ration de pouvoir en parler, enfin je n'avais plus l'impression d'avoir une double vie ! Cependant, j'ai &#233;t&#233; confront&#233;e &#224; diff&#233;rentes attitudes, ceux qui ne veulent pas aborder le sujet et qui vous laissent avec votre fardeau, ceux qui vous voient d&#233;j&#224; mourant et ont plein de cas, des plus b&#233;nins aux plus morbides, &#224; partager ! Ils veulent certainement me rassurer mais ne font que me d&#233;primer. Pour &#234;tre totalement honn&#234;te, j'ai &#233;galement trouv&#233; des personnes qui savent &#233;couter et &#233;ventuellement, partager leur exp&#233;rience sans compassion ni d&#233;sespoir mais au contraire, avec une joie de vivre communicative. Face &#224; ces diff&#233;rentes r&#233;actions je compris que je ne pouvais pas en parler si ouvertement &#224; tout le monde et que je finissais par radoter et lasser mon entourage. J'ai senti que j'avais besoin d'&#233;largir mon cercle de contacts, trouver des oreilles bienveillantes, qui connaissaient cette maladie mais j'avais &#233;galement besoin de trouver d'autres moyens de m'exprimer pour all&#233;ger le poids qui pesait sur mes &#233;paules. J'ai en premier contact&#233; un psychologue de l'h&#244;pital mais je me sentais oblig&#233;e de ne parler que de mon cancer, de mes angoisses, j'avais l'impression d'&#234;tre jug&#233;e, &#233;valu&#233;e et surtout je me sentais seule. Certains me recommandaient les associations de malades sur internet, cependant j'avais besoin d'un lien plus direct. Avant mon cancer, je faisais r&#233;guli&#232;rement des activit&#233;s en groupe pendant la pause de midi, natation, danse, dessin, ces activit&#233;s me permettaient de me lib&#233;rer des tensions. Etant trop fatigu&#233;e, par moments en immunod&#233;pression et beaucoup plus souvent en t&#233;l&#233;travail, je ne me voyais pas reprendre ces activit&#233;s dans les m&#234;mes conditions, pourtant je sentais que j'avais besoin d'exutoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les soins de support pr&#233;sent&#233;s dans les locaux de l'h&#244;pital plusieurs m'int&#233;ressaient : la salsa, le dessin et l'&#233;criture. La salsa pour retrouver le plaisir de bouger en rythme sur une musique ensoleill&#233;e, sans avoir la crainte d'&#234;tre pouss&#233;e &#224; faire plus ou d'&#234;tre mal vue en cas de fatigue. Le dessin pour la cr&#233;ativit&#233; qu'il permet et les images qui sont souvent, pour moi, plus parlantes que les mots. Et l'&#233;criture plus pour tester car je me sentais plut&#244;t une handicap&#233;e de ce c&#244;t&#233;-l&#224;, &#224; force d'entendre ma s&#339;ur me raconter toutes ses envies de roman je me suis dit pourquoi ne pas essayer et c'&#233;tait l'occasion. Apr&#232;s quelques semaines d'h&#233;sitations je me suis donc lanc&#233;e, avec l'association Psychisme et Cancer, &#224; la fois dans l'atelier de dessin et d'&#233;criture. Pour la salsa, propos&#233;e par l'association Elles dansent, j'ai attendu d'&#234;tre assez en forme physiquement et depuis je n'ai plus arr&#234;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Psychisme et Cancer, que ce soit lors des ateliers de dessin ou d'&#233;criture, j'ai tout de suite &#233;t&#233; charm&#233;e par la libert&#233; qui m'&#233;tait propos&#233;e ; chacun se pr&#233;sente comme il le souhaite avec les mots qu'il choisit, je ne me suis pas sentie d'obligation de parler de mon cancer mais je constatais qu'en parler ne posait de probl&#232;me &#224; personne. Je n'avais pas besoin de d&#233;tailler mon exp&#233;rience, d'expliquer les mots scientifiques. Dans les deux ateliers, le texte ou le sujet propos&#233; me permettait de me lancer, tel un tremplin il me donnait un &#233;lan, une base o&#249; poser mes mots, mes lignes. Contrairement &#224; ce que je craignais au d&#233;part pas une seule fois je ne me suis trouv&#233;e en panne. Les d&#233;buts &#233;taient souvent un peu h&#233;sitants, soit parce que trop d'id&#233;es me venaient en t&#234;te et je savais que je n'aurais pas le temps de tout explorer, ou bien j'avais trop peu d'id&#233;es et je craignais d'avoir fini en cinq minutes. Et puis une fois les premi&#232;res images esquiss&#233;es, d'autres venaient se glisser et je me surprenais moi-m&#234;me &#224; exprimer des &#233;motions, des souvenirs que je n'avais pas anticip&#233;s. Si au d&#233;but lire mon texte m'intimidait, j'avoue que par la suite j'aurais &#233;t&#233; frustr&#233;e si je n'avais pas pu le lire. A mon &#233;tonnement, les &#233;motions ressenties pendant l'&#233;criture ou pendant la lecture ne sont pas les m&#234;mes. Je me suis plus d'une fois retrouv&#233;e avec les yeux humides, surprise par l'&#233;motion, soit en &#233;crivant, soit en lisant, et je fus rassur&#233;e de constater que cela ne posait pas de probl&#232;me et ne g&#233;n&#233;rait pas d'apitoiement. Lors des ateliers de dessin il est propos&#233; d'afficher son dessin et si l'on souhaite en parler on peut, par exemple, expliquer ce qu'on a voulu pr&#233;senter, comment on a interpr&#233;t&#233; le sujet. Une fois la r&#233;alisation pr&#233;sent&#233;e, texte lu ou dessin pr&#233;sent&#233;, ceux qui veulent s'exprimer disent ce qu'ils voient, ce qu'ils ressentent... J'ai &#233;galement appr&#233;ci&#233; ces moments de partage, les discussions &#224; b&#226;tons rompus en attendant que tout le monde soit arriv&#233;, le caf&#233;, le th&#233; et les petits g&#226;teaux partag&#233;s, ou encore les &#233;changes sur les textes ou dessins r&#233;alis&#233;s par les uns et les autres. Pour les dessins il y avait moins de surprise car je jetais souvent un regard au travail de mes camarades. Il m'arrivait m&#234;me d'&#234;tre influenc&#233;e par une technique, une remarque, ou des discussions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ateliers m'ont permis d'exprimer mes sentiments, de comprendre que chacun &#233;tait diff&#233;rent face &#224; la maladie. Je me suis sentie libre, et en confiance. Lors de ces ateliers j'avais l'impression de petit &#224; petit d&#233;poser mes probl&#232;mes dans un coin. Moi qui pensais que l'&#233;criture n'&#233;tait pas faite pour moi, j'ai pris plaisir &#224; &#233;crire, &#224; &#233;couter les r&#233;cits des autres, &#224; constater que m&#234;me si je n'&#233;prouvais pas toujours les m&#234;mes sentiments, les textes me parlaient. J'&#233;tais &#224; chaque fois surprise qu'&#224; partir d'un m&#234;me tremplin les r&#233;alisations de chacun &#233;taient tr&#232;s diff&#233;rentes, du saut de puce au saut p&#233;rilleux en passant par le refus ou la libre interpr&#233;tation du sujet tout aussi int&#233;ressant. J'&#233;tais m&#234;me &#233;tonn&#233;e par les commentaires sur mes textes qui me faisait r&#233;aliser que j'exprimais plus de choses que je ne pensais. Dans ce lieu hors du monde, bienveillant, je me sentais libre de tout dire, de me contredire, d'&#234;tre d'accord ou pas d'accord ou simplement de ne pas avoir d'avis et &#233;galement libre de me taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association s'arr&#234;te, ce n'est pas pour autant que je dois m'arr&#234;ter moi aussi. Je vais bien entendu reprendre mes pauses dessin avec mes coll&#232;gues d&#232;s que j'aurai repris le travail, mais ce n'est pas le m&#234;me partage. J'esp&#232;re avoir le courage de continuer &#224; &#233;crire, mais &#233;crire quoi ? Pourquoi ? Pour qui ? Retrouver un groupe d'&#233;criture ? Continuer &#224; partager avec ceux et celles qui le souhaitent ? Je ne retrouverai jamais exactement la m&#234;me ambiance, ceci dit d'un groupe &#224; l'autre les relations changeaient et je suis s&#251;re que ce que m'ont apport&#233; mes quelques ann&#233;es dans ces ateliers resteront &#224; la fois des bons souvenirs et profitables pour la lutte que je continue contre mon crabe. Merci &#224; celles qui les ont anim&#233;s et merci &#224; tous les participants que j'ai rencontr&#233;s, qui m'ont &#233;galement beaucoup donn&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Yo Lachenal-Taballet &#8211; En plein d&#233;sastre, une vraie aubaine &#8211; juillet 2020</title>
		<link>https://www.psychisme-et-cancer.org/Yo-Lachenal-Taballet-Consultante-au-Centre-Pierre-Cazenave-En-plein-desastre.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Ma voisine de chambre &#224; Curie m'a fait le cadeau de me remettre l'adresse de Psychisme et Cancer. Je m'y suis pr&#233;sent&#233;e &#224; ma sortie deux fois diff&#233;r&#233;e &#224; cause d'une forte fi&#232;vre. B&#234;te bless&#233;e, p&#233;trie de peurs, j'errais ; un deuil, le cancer et une rupture sentimentale en carambolage, travail pr&#233;caire, mal distanc&#233;e de ma famille en crise, chronique mais plus violente que d'habitude, je ne savais pas quoi faire, ni quoi faire de moi. Avec mes humanit&#233;s dans tous leurs &#233;tats, est-ce qu'on me ferait place &#224; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.psychisme-et-cancer.org/-Du-cote-des-malades-.html" rel="directory"&gt;Du c&#244;t&#233; des malades&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ma voisine de chambre &#224; Curie m'a fait le cadeau de me remettre l'adresse de Psychisme et Cancer. Je m'y suis pr&#233;sent&#233;e &#224; ma sortie deux fois diff&#233;r&#233;e &#224; cause d'une forte fi&#232;vre. B&#234;te bless&#233;e, p&#233;trie de peurs, j'errais ; un deuil, le cancer et une rupture sentimentale en carambolage, travail pr&#233;caire, mal distanc&#233;e de ma famille en crise, chronique mais plus violente que d'habitude, je ne savais pas quoi faire, ni quoi faire de moi. Avec mes humanit&#233;s dans tous leurs &#233;tats, est-ce qu'on me ferait place &#224; l'association ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le premier contact, bref parce que je suis arriv&#233;e en fin d'apr&#232;s-midi, j'ai &#233;t&#233; touch&#233;e par le tact de R&#233;jane. La semaine suivante, je n'en revenais pas d'&#234;tre re&#231;ue encore pleinement par Marie-Fran&#231;oise, R&#233;jane et France, entre ses s&#233;ances en individuel. Malmen&#233;e par les &#233;v&#233;nements de ma vie dont je ne savais pas bien prendre soin, je d&#233;bordais de reconnaissance et de larmes, face &#224; leur attention spontan&#233;e, sensible, disponible, et dans un cadre o&#249; la parole circulait librement, &#233;tait entendue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me sentais comme une enfant enfin g&#226;t&#233;e, j'oubliais ce qui m'arrivait, je courais voir d'autres groupes avant de revenir vers la premi&#232;re &#233;quipe et partout, c'&#233;tait chaleureux autant que je pouvais en r&#234;ver. Une fin d'apr&#232;s-midi, j'ai rencontr&#233; Yvette et sa grande douceur m'a aid&#233;e &#224; entrer dans la discussion tr&#232;s anim&#233;e d'un groupe plus grand de patient.e.s, en pr&#233;sence de Philippe (j'esp&#232;re que c'est le bon pr&#233;nom). Gr&#226;ce &#224; lui, je me souviens de mon exclamation qu'il a reprise, &#171; mais moi je ne sais pas quoi faire de mon cancer ! &#187;, quand les uns et les autres s'&#233;taient d&#233;j&#224; interrog&#233;s &#224; ce sujet. Je ne sais toujours pas au juste ce que j'en ai fait mais beaucoup de choses se sont faites en moi qui tiennent au loin des r&#233;p&#233;titions, durant toutes les sortes d'accompagnement que j'ai re&#231;ues &#224; l'association, et &#231;a dure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour commencer, j'ai os&#233; parler de moi et j'ai pris la parole en groupe sans perdre la voix ni ce que je voulais dire en chemin, c'est tr&#232;s rare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s, R&#233;jane et Marie-Fran&#231;oise m'ont propos&#233; de d&#233;couvrir l'atelier d'&#233;criture de Louise accompagn&#233;e de Claudine et de Claude quelque temps. C'est exactement mes limites, je d&#233;couvrirai cette aventure &#171; p&#233;rilleuse &#187; et je repartirai tout de suite apr&#232;s. J'ai d'abord vu Louise chez elle, je suis s&#251;re que cette petite rencontre m'a rendue courageuse et plus curieuse. A la premi&#232;re s&#233;ance (comme &#224; toutes les autres), ma t&#234;te restait en jach&#232;re, je ne savais pas o&#249; j'&#233;tais je me perdais de vue, chose inattendue, j'ai ressenti de la panique sans penser &#224; quitter le lieu. Je me suis d&#233;lect&#233;e de cette exp&#233;rience in&#233;dite, sans le savoir, je m'en allais vers de l'inconnu mais en moi, et je pouvais accepter de fr&#244;ler, de m'approcher souvent de quelque chose de fragile, parfois d'y toucher et revenir indemne et moins &#224; l'&#233;troit dans mon abri int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Gabriel &#224; l'atelier de dessin m'a amen&#233;e, sans que je ne m'en rende compte, &#224; m'exprimer sans peur avec mes moyens et mes besoins, mes envies. J'ai jou&#233;, de toute l'&#233;nergie de mon corps v&#233;ritablement, avec la mati&#232;re, la couleur, et l'inexprimable en moi, je me suis fait du bien, tellement, peu importe le r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'a &#233;t&#233; donn&#233; de vivre, pour ma part, une qualit&#233; relationnelle tant avec Louise qu'avec Jean-Gabriel m'autorisant la libert&#233; d'&#234;tre avec mes &#233;tats bruts, confus durant les activit&#233;s ; relation nourrissante et stimulante autant que leur pr&#233;paration en amont des choix des textes, d'auteurs, de propositions de contraintes et leurs vari&#233;t&#233;s. Je c&#244;toyais des univers non familiers, nombreux, sans rep&#232;res je m'en allais t&#226;tonnante en qu&#234;te de trouvailles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Leurs co&#233;quipi&#232;res, respectivement Claudine et Nicole en participant avec nous &#224; l'aventure tout en contribuant &#224; veiller &#224; notre bien-&#234;tre ont ajout&#233; de la pr&#233;sence aidante, les sentiments amicaux en moi &#224; leur endroit me d&#233;sinhibaient encore un peu plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, gr&#226;ce d'abord &#224; Louise puis surtout &#224; Fran&#231;oise Bessis, j'allai vers Jacqueline et Catherine, sa co&#233;quipi&#232;re. Je ne vivrai plus sans Qi-Gong. Longtemps, je n'ai pas compris l'approche subtile de notre corps que Jacqueline cherche &#224; nous enseigner, mais j'avais une foi inou&#239;e sans savoir sur quoi elle reposait. J'ai &#233;t&#233; tr&#232;s assidue et tremp&#233;e de bonne volont&#233;, pourtant ma progression a &#233;t&#233; laborieuse. C'&#233;tait &#226;pre, je craignais que Jacqueline ne se d&#233;courage (pass&#233; simple non assum&#233;) et veuille se d&#233;barrasser de moi. Aujourd'hui, malgr&#233; l'&#226;ge, des parties de mon corps se sont mises en vie ! Avant de nous quitter, Catherine m'a parl&#233; pour ainsi dire affectueusement et a provoqu&#233; un d&#233;clic qui a lev&#233; une sorte de r&#233;tention en moi &#224; l'effort plus soutenu encore. Je vis moins en apn&#233;e pour respirer plus. Tant que je maintiens une pratique au quotidien, des vieilles douleurs chroniques ne se manifestent pas, mon corps n'est plus aussi encombrant et ma t&#234;te en est contente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; et en combien de lieux existe-t-il une structure pens&#233;e et r&#233;fl&#233;chie dans le respect si &#233;vident de l'humain, offrant aux bless&#233;s de la vie la possibilit&#233; de reprendre pied avec elle, aussi g&#233;n&#233;reusement prenant en compte ce que je n'aurais m&#234;me pas id&#233;e d'esp&#233;rer ou attendre, avec des encadrants bien pr&#233;sents &#224; leurs missions, sans objectif de profit et sans recours au b&#233;n&#233;volat. Pareille entreprise engag&#233;e dans l'&#233;thique doit, je m'imagine, demander un investissement en &#233;nergie consid&#233;rable. L'association conna&#238;t sa fin, c'est une perte qui me d&#233;prime, j'esp&#232;re en un, plusieurs relais quelque part.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme ailleurs, il y a des affinit&#233;s &#233;lectives ou pas et leurs contraires, on peut s'y frotter, s'y piquer, et je m'y suis aussi attach&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'oubliais, gr&#226;ce &#224; France je suis suivie avec amiti&#233; par une g&#233;n&#233;raliste consciencieuse dans le quartier, ce qui contribue &#224; me maintenir en sant&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma r&#233;mission perdure, je le dois tant &#224; tout ce que j'ai re&#231;u de l'association et qui continue &#224; g&#233;n&#233;rer des bienfaits. C'est une belle chance dans ma vie d'y avoir &#233;t&#233; accueillie. Ma gratitude est profonde, merci de tout mon c&#339;ur &#224; chacun.e et &#224; toi Marie-Fran&#231;oise et au revoir Psychisme et Cancer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Raimonda Roux &#8211; Donner sens &#224; sa vie &#8211; mai 2011</title>
		<link>https://www.psychisme-et-cancer.org/Raimonda-Roux-consultante-au-Centre-Pierre-Cazenave-Donner-sens-a-sa-vie.html</link>
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		<dc:date>2020-11-02T13:49:44Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Je fais partie de l'atelier &#233;criture, depuis maintenant deux ans. Personnellement, ce chemin n'a pas &#233;t&#233; facile. L'Ecriture pour moi a toujours &#233;t&#233; un travail tr&#232;s exigeant. En effet, &#233;tant dans une troupe de th&#233;&#226;tre depuis de nombreuses ann&#233;es je suis plus &#224; l'aise avec l'expression orale. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai voulu essayer justement de suivre cet atelier pour d&#233;couvrir des domaines inconnus, avec bien s&#251;r comme objectif de trouver une aide dans le v&#233;cu de ma maladie, j'ai pens&#233; que ce moyen pouvait m'ouvrir sur d'autres (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.psychisme-et-cancer.org/-Du-cote-des-malades-.html" rel="directory"&gt;Du c&#244;t&#233; des malades&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je fais partie de l'atelier &#233;criture, depuis maintenant deux ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Personnellement, ce chemin n'a pas &#233;t&#233; facile.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Ecriture pour moi a toujours &#233;t&#233; un travail tr&#232;s exigeant.&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, &#233;tant dans une troupe de th&#233;&#226;tre depuis de nombreuses ann&#233;es je suis plus &#224; l'aise avec l'expression orale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai voulu essayer justement de suivre cet atelier pour d&#233;couvrir des domaines inconnus, avec bien s&#251;r comme objectif de trouver une aide dans le v&#233;cu de ma maladie, j'ai pens&#233; que ce moyen pouvait m'ouvrir sur d'autres plans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;marche est adapt&#233;e &#224; ce que je recherche.&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, en tant que malade en r&#233;mission j'avais besoin d'exprimer ce qui inqui&#232;te, qui bloque, qui angoisse, devant cette maladie qui vous tombe dessus&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet atelier m'aide au fur et &#224; mesure &#224; comprendre, &#224; approfondir ce qui est au plus profond et qui ne peut &#233;merger que lorsque j'arrive &#224; trouver les mots&#8230; Il me permet surtout de retrouver cette &#233;nergie de vie qui est moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe aussi est pour moi une grande richesse. En &#233;coutant les textes des uns et des autres, mon esprit s'ouvre, se dilate. J'ai l'impression que je vois plus loin. En &#233;coutant le v&#233;cu des uns et les autres, par &#233;cho je donne sens au mien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet atelier est tr&#232;s important. Il permet la parole, donc la vie, m&#234;me si elle risque d'&#234;tre courte. Mais au moins de la vivre pleinement&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand je cr&#233;e &#224; travers l'&#233;criture, je donne sens &#224; ma vie&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Yvette Emmenegger (accueillante au Centre) &#8211; Arr&#234;ter, r&#233;fl&#233;chir, repartir &#8211; Lettre n&#176;7 &#8211; d&#233;cembre 2005</title>
		<link>https://www.psychisme-et-cancer.org/Lettres-Arreter-reflechir-repartir.html</link>
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		<dc:date>2014-11-27T17:40:38Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Ma carri&#232;re professionnelle s'est d&#233;roul&#233;e &#224; l'envers. Dans les ann&#233;es 70 et 80, je faisais partie des 5% de femmes fran&#231;aises percevant les plus gros salaires. Et au lieu d'afficher une progression, elle s'est achev&#233;e dans des conditions de travail dignes d'un roman de Zola. &lt;br class='autobr' /&gt;
Suite aux fluctuations du march&#233;, je suis tomb&#233;e de Charybde en Scylla. Pour assurer ma survie mat&#233;rielle, je n'eus finalement d'autre choix que d'accepter un emploi de vendeuse dans un magasin de meubles pour un salaire &#224; peine plus (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.psychisme-et-cancer.org/-Du-cote-des-malades-.html" rel="directory"&gt;Du c&#244;t&#233; des malades&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ma carri&#232;re professionnelle s'est d&#233;roul&#233;e &#224; l'envers. Dans les ann&#233;es 70 et 80, je faisais partie des 5% de femmes fran&#231;aises percevant les plus gros salaires. Et au lieu d'afficher une progression, elle s'est achev&#233;e dans des conditions de travail dignes d'un roman de Zola.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite aux fluctuations du march&#233;, je suis tomb&#233;e de Charybde en Scylla. Pour assurer ma survie mat&#233;rielle, je n'eus finalement d'autre choix que d'accepter un emploi de vendeuse dans un magasin de meubles pour un salaire &#224; peine plus &#233;lev&#233; que le SMIC et qui comportait aussi des t&#226;ches de manutentionnaire-d&#233;m&#233;nageur, avec des d&#233;passements d'horaires aussi nombreux que non r&#233;mun&#233;r&#233;s. Ces conditions de travail particuli&#232;rement contraignantes, usantes, fatigantes et humiliantes, m'ont peu &#224; peu fait perdre toute confiance en moi. Je subissais cette situation sans espoir de changement. Je me sentais &#171; au fond du puits &#187;, et il me semblait impossible de descendre plus bas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apparemment si : le fond du fond existait bien car apr&#232;s dix-huit mois de ce r&#233;gime se d&#233;clara un cancer au sein droit. Bien que cette annonce m'ait prise de plein fouet, j'ai dans le m&#234;me temps &#233;prouv&#233; un soulagement certain : le lendemain, je n'irais pas travailler.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour &#233;chapper &#224; cet enfer quotidien, mon corps &#233;tait-il all&#233; jusqu'&#224; me faire cette vilaine farce ? Trois semaines apr&#232;s avoir subi une tumorectomie, je dus retourner au bloc pour une seconde intervention, nouvelle mutilation. Pendant ce mois d'hospitalisation, seuls les livres que je d&#233;vorais m'extrayaient d'une peur larvaire et r&#233;currente li&#233;e &#224; mon devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vivais seule depuis vingt ans, ma vie affective avait en quelque sorte suivi la courbe de ma vie professionnelle : n'ayant pas trouv&#233; de nouveau compagnon, je m'&#233;tais accommod&#233;e plut&#244;t bien de mon c&#233;libat. Aux yeux de mon entourage, je passais pour une femme ind&#233;pendante et solide. Par ce cancer et peut-&#234;tre pour la premi&#232;re fois de ma vie, je me sentais perdue, vuln&#233;rable et fragile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;c&#232;s du p&#232;re de mes enfants, cinq mois plus t&#244;t, m'avait sur le moment profond&#233;ment affect&#233;e, mais tr&#232;s vite, j'avais jugul&#233; mes &#233;motions. L&#224; aussi, je m'interrogeais : y avait-il un lien entre sa disparition et mon cancer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant mon hospitalisation, j'avais class&#233; tous mes papiers car je ne voulais pas mettre mes enfants dans l'embarras au cas o&#249; je mourrais. Au sortir de l'h&#244;pital, j'&#233;tais dans l'incapacit&#233; mat&#233;rielle d'assurer l'intendance de mon quotidien : j'habitais un sixi&#232;me &#233;tage sans ascenseur. Je partis donc en maison de repos pour un mois. Tout en faisant bonne figure aux pensionnaires de cette maison, je re&#231;us un choc &#224; mon arriv&#233;e en constatant que la moyenne d'&#226;ge &#233;tait d'environ quatre-vingt-cinq ans. Avais-je bascul&#233; dans le quatri&#232;me &#226;ge ? Il me fallut plusieurs jours pour m'en remettre&#8230; Apr&#232;s ce s&#233;jour plus reposant qu'euphorisant, je suivis une radioth&#233;rapie. Nouveau traumatisme, il faut un certain temps pour &#171; apprivoiser &#187; cette technologie qui dans les premi&#232;res s&#233;ances est terrorisante. L&#224; encore, j'ai encaiss&#233; sans rien dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au jour o&#249;, au sortir d'une s&#233;ance, j'ai pouss&#233; la porte du Centre Pierre Cazenave jouxtant l'h&#244;pital des Peupliers o&#249; je recevais mes soins. Je d&#233;couvris une ambiance en compl&#232;te rupture avec celle du milieu hospitalier. L'accueil chaleureux, bienveillant et attentif prodigu&#233; par l'&#233;quipe de la permanence du vendredi matin m'a dans l'instant mise en confiance. Je pus enfin parler sans retenue. J'&#233;tais entendue, les mots venaient seuls, glissaient sans r&#233;sistance. Et le miracle se produisit : je pleurai ! Un vrai bonheur. D'autant plus pr&#233;cieux que depuis vingt ans, date de mon divorce, je n'avais plus vers&#233; une larme. Deux heures plus tard, je quittais le Centre lib&#233;r&#233;e. Ces pleurs avaient ouvert en moi je ne sais quelle vanne, et mes perceptions s'en trouvaient m&#233;tamorphos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fort heureusement, je b&#233;n&#233;ficiais d'un mi-temps th&#233;rapeutique. Apr&#232;s quatre mois et demi d'arr&#234;t, je repris mon emploi dans des conditions plus supportables du fait de la r&#233;duction de mes heures de travail. Au cours des semaines suivantes, le rendez-vous du vendredi matin me devint vite indispensable. L'&#233;coute et l'accueil prodigu&#233;s par le groupe et la psychanalyste lors de l'entretien individuel devinrent le contrepoint vital &#224; ma r&#233;insertion dans le monde actif.&lt;br class='autobr' /&gt;
De fait, le rep&#233;rage et la nomination, &#224; l'int&#233;rieur du groupe, de mes peurs et de mes interrogations, m'ont amen&#233;e progressivement &#224; une prise de conscience qui m'a permis de mieux me prot&#233;ger sur mon lieu de travail. Ayant plus d'&#233;gards pour moi-m&#234;me, je me suis accord&#233; plus de temps, plus de plaisir. Et peu &#224; peu, je vins &#224; l'&#233;criture. J'&#233;prouve beaucoup de joie &#224; r&#233;diger des petits riens &#224; l'image des bonheurs simples que m'apporte la vie et qu'avant ma maladie, je ne voyais pas. Pour &#233;crire, je me suis invent&#233; un pseudonyme dans le &#171; langage des oiseaux &#187; : les deux premi&#232;res syllabes de mon patronyme EMME ont donn&#233; le pr&#233;nom Aim&#233;e, suivi de la traduction populaire de ma ville d'origine, Besan&#231;on dite Besac. Ainsi est n&#233;e Aim&#233;e Besac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des deux ans qui ont suivi, j'ai progressivement retrouv&#233; un &#233;quilibre et mes visites au Centre se sont espac&#233;es. Mais quand j'en avais besoin, j'y retournais. Doucement, je me suis d&#233;tach&#233;e de la relation th&#233;rapeutique en entretien individuel car l'attention vive du groupe des accueillantes me comblait amplement. En ao&#251;t 2003 s'est achev&#233; mon calvaire professionnel : j'avais atteint l'&#226;ge de la retraite. Alors qu'au sein du groupe, j'exprimais ma joie d'&#234;tre lib&#233;r&#233;e de cette contrainte, la psychanalyste me proposa, &#224; ma grande surprise, de devenir accueillante. Cette proposition gommait d'un coup tout ce que j'avais endur&#233;. J'acceptai donc avec enthousiasme. J'&#233;tais heureuse et fi&#232;re de cette confiance, comme r&#233;habilit&#233;e. J'allais pouvoir aider, &#224; mon niveau s'entend, les personnes qui traversaient des &#233;preuves physiques et psychiques comparables &#224; celles que j'avais connues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le cancer m'avait fait basculer de l'autre c&#244;t&#233; d'une barri&#232;re invisible dans le monde des porteurs d'une maladie mortelle, cette offre op&#233;rait un nouveau retournement : ce n'&#233;tait plus seulement la pathologie organique qui me reliait aux autres malades, c'&#233;tait la recherche et l'&#233;laboration partag&#233;es autour d'exp&#233;riences subjectives diverses. Ma fonction d'accueillante me place &#224; la fois en empathie et en distance avec les consultants. Gr&#226;ce aux r&#233;unions de groupe, je prends conscience de mes limites, je quitte peu &#224; peu mon fonctionnement op&#233;ratoire, j'accepte d'&#234;tre une pr&#233;sence active, je me sens en apprentissage d'&#233;coute.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, et au regard de ma vie professionnelle pass&#233;e, mon travail au Centre me para&#238;t un luxe inou&#239;. Dans un cadre harmonieux, confortable, la parole circule avec son lot d'interrogations, de peurs, de d&#233;tresses, d'attentes, d'espoirs, et nous les accueillantes, nous sommes l&#224; pour les porter, les canaliser, les contenir, leur permettre de s'&#233;laborer afin d'&#234;tre en prise avec la vie. Pour conclure ce t&#233;moignage, j'ajouterai que j'ai d&#233;m&#233;nag&#233; pour un appartement situ&#233; au premier &#233;tage avec vue sur un parc arbor&#233; et fleuri, et que ma vie affective que je croyais &#233;teinte s'est r&#233;veill&#233;e pour me combler au-del&#224; de toute esp&#233;rance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la d&#233;sesp&#233;rance &#224; la joie de vivre, le cancer est devenu, pour moi, r&#233;v&#233;lateur d'une vie &#171; autre &#187;&#8230; Cette nouvelle vie m&#233;rite bien un nouveau nom&#8230; et cette publication le consacre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fran&#231;oise Pilon (accueillante au Centre) &#8211; Ce que j'ai tout de suite aim&#233;&#8230;Lettre n&#176;1 &#8211; avril 1999</title>
		<link>https://www.psychisme-et-cancer.org/Lettres-Ce-que-j-ai-tout-de-suite-aime.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Ce que j'ai tout de suite aim&#233; dans l'Association, c'est le parler-vrai au sujet du cancer mais aussi au sujet de soi-m&#234;me, de ce que l'on ressent &#8211; un sentiment de grande libert&#233;, de respect, d'acceptation de l'autre. J'y ai &#233;prouv&#233; le plaisir de m'effacer pour faire place &#224; la parole de l'autre, malade, affaibli, mais ici reconnu, &#233;cout&#233;, trouvant un lieu pour s'exprimer, pour questionner. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je pensais au d&#233;part que mon r&#244;le serait surtout d'&#233;couter. Or, rapidement, je me suis rendu compte que les personnes (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce que j'ai tout de suite aim&#233; dans l'Association, c'est le parler-vrai au sujet du cancer mais aussi au sujet de soi-m&#234;me, de ce que l'on ressent &#8211; un sentiment de grande libert&#233;, de respect, d'acceptation de l'autre. J'y ai &#233;prouv&#233; le plaisir de m'effacer pour faire place &#224; la parole de l'autre, malade, affaibli, mais ici reconnu, &#233;cout&#233;, trouvant un lieu pour s'exprimer, pour questionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pensais au d&#233;part que mon r&#244;le serait surtout d'&#233;couter. Or, rapidement, je me suis rendu compte que les personnes qui venaient voulaient savoir quelque chose sur moi : &#171; Et vous, qu'est-ce que vous avez eu ? Comme cela s'est-il pass&#233; ? &#187; J'avais l'impression qu'elles prenaient appui sur mes r&#233;ponses pour mieux pouvoir se raconter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mon c&#244;t&#233;, en repensant &#224; la fa&#231;on dont s'&#233;taient d&#233;roul&#233;s les entretiens, &#224; la mani&#232;re dont j'avais r&#233;pondu, r&#233;agi, s'est instaur&#233; peu &#224; peu un travail de r&#233;flexion sur mon histoire personnelle. J'ai d&#233;couvert en particulier que l'exp&#233;rience du cancer cr&#233;ait un rapport diff&#233;rent au temps. Mon travail au Centre m'a permis de prendre conscience du fait que j'&#233;tais mortelle : cela a &#233;t&#233; possible dans ce lieu parce que je m'y sentais prot&#233;g&#233;e. Cette prise de conscience m'a donn&#233; le sentiment d'une urgence &#224; vivre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et de l'urgence &#224; vivre au go&#251;t de vivre, il n'y a qu'un pas, que j'ai franchi en essayant de mieux d&#233;finir mes syst&#232;mes de valeur et de pr&#233;ciser mes choix.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dr Isabelle Denys (gyn&#233;cologue) &#8211; Consultation de gyn&#233;cologie &#8211; Lettre n&#176;5 &#8211; novembre 2003</title>
		<link>https://www.psychisme-et-cancer.org/Lettres-Consultation-de-gynecologie.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Au retour de vacances, mes premi&#232;res consultations m'ont d'embl&#233;e confront&#233;e, &#224; nouveau, &#224; la n&#233;cessit&#233; de la pr&#233;sence vraie et de la disponibilit&#233; aux besoins de patientes atteintes de cancer : en effet, les deux premi&#232;res &#233;taient des jeunes femmes de trente ans atteintes de tumeurs c&#233;r&#233;brales et conscientes de la limitation de leur dur&#233;e de vie ; la troisi&#232;me &#233;tait une femme de soixante ans &#224; qui, apr&#232;s que je lui eus annonc&#233; un cancer de l'ovaire, me fit part de sa d&#233;cision de refuser tout traitement et de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.psychisme-et-cancer.org/-Du-cote-des-professionnels-.html" rel="directory"&gt;Du c&#244;t&#233; des professionnels&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au retour de vacances, mes premi&#232;res consultations m'ont d'embl&#233;e confront&#233;e, &#224; nouveau, &#224; la n&#233;cessit&#233; de la pr&#233;sence vraie et de la disponibilit&#233; aux besoins de patientes atteintes de cancer : en effet, les deux premi&#232;res &#233;taient des jeunes femmes de trente ans atteintes de tumeurs c&#233;r&#233;brales et conscientes de la limitation de leur dur&#233;e de vie ; la troisi&#232;me &#233;tait une femme de soixante ans &#224; qui, apr&#232;s que je lui eus annonc&#233; un cancer de l'ovaire, me fit part de sa d&#233;cision de refuser tout traitement et de son souhait de se suicider avant que sa beaut&#233; ne soit atteinte. Exer&#231;ant la gyn&#233;cologie depuis vingt ans et ayant &#233;t&#233; consultante &#224; l'Institut Curie pendant quinze ans, la plus grande partie de ma client&#232;le est constitu&#233;e de femmes atteintes de cancer du sein. Sans &#234;tre moi-m&#234;me responsable des traitements anticanc&#233;reux, c'est moi qui pose g&#233;n&#233;ralement le diagnostic et j'occupe donc vis-&#224;-vis d'elles, dans la cha&#238;ne des soins, cette place particuli&#232;re de soutien th&#233;rapeutique, en relation avec les autres th&#233;rapeutes, au cours de ce chemin qu'elles vont faire avec la maladie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon exp&#233;rience clinique &#224; cet &#233;gard est que l'on ne peut jamais pr&#233;voir la capacit&#233; d'une femme &#224; m&#233;taboliser cette &#233;preuve. Tous les niveaux de souffrance s'observent, du d&#233;ni absolu &#224; la terreur paralysante. L'enjeu de la consultation et plus largement du suivi et du soutien th&#233;rapeutique va consister &#224; estimer cette souffrance et &#224; aider la malade &#224; se remettre progressivement dans le mouvement de la vie, avec les aides les plus adapt&#233;es &#224; ses besoins &#8212; des besoins qui changent, d'ailleurs, au cours de la maladie et suivant les malades, parce que le temps de chacune est diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Estimer le niveau de souffrance et ses effets possibles &#8212; positifs si elle devient moteur d'&#233;volution, n&#233;gatifs quand elle sid&#232;re durablement ou m&#234;me d&#233;truit &#8212;, estimer aussi les moyens, les outils dont chacune dispose pour faire face &#224; cet &#233;v&#233;nement et qui pourront lui &#234;tre utiles, telle est la difficult&#233; de la consultation. Seule cette estimation permettra de passer &#224; l'&#233;tape suivante, o&#249; l'on proposera une aide et o&#249; l'on choisira le type d'aide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant le besoin rep&#233;r&#233;, le moment, la n&#233;cessit&#233;, on aura recours &#224; l'aide m&#233;dicamenteuse classique (antid&#233;presseurs, etc.), aux m&#233;decines alternatives (venant en compl&#233;ment des traitements anticanc&#233;reux), &#224; la relaxation, aux massages, mais aussi &#233;videmment &#224; l'intervention d'un psychanalyste pour une psychoth&#233;rapie de soutien ou pour un travail de plus longue haleine. Certaines souhaitent en priorit&#233; partager leur exp&#233;rience avec d'autres femmes vivant ou ayant v&#233;cu cette &#233;preuve. D'autres ont besoin d'un interlocuteur qui puisse supporter leur vide, leurs terreurs, pour se remettre en route et retrouver leur sens, se retrouver vivantes dans le lit de la vie. Certaines enfin d&#233;sirent, &#224; l'occasion de cette &#233;preuve, traiter plus fondamentalement leur vie psychique, comme si cet &#233;v&#233;nement leur donnait le courage ou l'autorisation de r&#233;aliser un souhait souvent ancien. Le moment de ces demandes est lui aussi tr&#232;s variable suivant les malades, depuis le diagnostic, la sortie de traitement, la ou les r&#233;cidives, enfin la succession interminable des contr&#244;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps de la consultation de gyn&#233;cologie, qui n'est pas directement impliqu&#233;e dans les d&#233;cisions th&#233;rapeutiques mais qui les conna&#238;t bien, est un temps pr&#233;cieux pour parler. Il permet d'entendre l'&#233;tat de la patiente et sa demande aux diff&#233;rentes &#233;tapes du cancer. Toutefois, pour que ce temps disponible &#224; la parole, &#224; l'&#233;coute, &#224; l'&#233;change, soit pleinement b&#233;n&#233;fique pour les malades et pour tenir cette place-l&#224; aupr&#232;s de patients atteints de pathologies graves, il faut aussi que le m&#233;decin, engag&#233; dans cette relation th&#233;rapeutique, ait pu identifier ses propres angoisses, ses propres d&#233;mons, et qu'il ait r&#233;fl&#233;chi &#224; sa propre repr&#233;sentation de la maladie et au sens de la vie. Apprendre par exemple &#224; entendre la vraie souffrance, qui pourra devenir motrice, et la distinguer de la plainte, est l'un des aspects de ce travail d'&#233;coute particulier.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#202;tre vigilant et r&#233;ceptif &#224; la vie psychique de la patiente fait partie int&#233;grante de la relation m&#233;decin/malade bien comprise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'avons pas &#224; en attendre un effet, magique ou placebo, sur la long&#233;vit&#233; (&#171; ceux qui gu&#233;rissent sont ceux qui ont le moral &#187;), et l'objectif n'est pas non plus de permettre simplement au traitement de se d&#233;rouler correctement. &#192; notre place, tout en servant de point de liaison avec l'institution hospitali&#232;re (dans l'&#233;lucidation &#233;ventuelle de questions techniques ou m&#233;dicales rest&#233;es incomprises), notre travail consiste essentiellement &#224; aider la patiente &#224; exploiter ses propres ressources, &#224; grandir, &#224; ranger sa maison psychique &#224; l'occasion de cette &#233;preuve, et &#224; lui permettre, en int&#233;grant cette &#233;preuve, d'am&#233;liorer sa relation avec la vie, avec elle-m&#234;me, et avec les autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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